Sur les traces des Incas
16 01 2008Après une journée de promenade sur l’altiplano en groupe, nous sommes restés là-haut, Syara - notre première visiteuse – et moi. Nous avions un peu peur d’avoir froid dans la jolie - mais non chauffée - auberge communautaire; mais la nuit fut en fait très bonne. Nous avions également un peu soucis à cause du temps, car la journée précédente était loin d’être ensoleillée. Et si j’avais déjà parcouru deux fois ce chemin lors de notre premier séjour ici, c’était chaque fois sous les auspices d’Inti, le dieu soleil des Incas.
Mais au réveil, le ciel est dégagé et la vue sur le petit lac magnifique. Nous déjeunons rapidement, car on se réjouit de se mettre en route, et puis le chemin sera long ! Après une heure de douce montée dans les paysages arides de l’altiplano, nous atteignons le large col, vers 3800 mètres d’altitude. Des ânes y broutent, des canards y batifolent dans des petits lacs et, plus haut encore, des vaches broutent on ne sait quoi. Au loin, des vautours – peut-être des condors – planent majestueusement.Derrière le col, c’est la plongée … dans le brouillard ! On trouve heureusement le début de l’ancien chemin inca avant d’y plonger. Il en reste de jolies parties encore relativement bien conservées, surtout dans la partie haute. Parfois ce sont des escaliers, parfois de grandes dalles taillées dans la roche. Parfois, le « camino » ressemble au chemin creux de Guillaume Tell ! Ce chemin, qui date de la fin du XVe siècle en tout cas, mais qui est peut-être pré-incaïque, relie l’altiplano aride aux vertes vallées inter-andines. Il servait aux Incas à assurer les transports dans leur vaste empire.
Après deux heures de descente avec une visibilité faible, nous atteignons une vallée intermédiaire. Elle est déjà beaucoup plus verte que l’altiplano que nous venons de quitter. Un petit village et des maisons éparses la peuplent. Le paysage est magnifique, surtout que le soleil a fait son apparition. On est entouré de montagnes, dans une sorte d’oasis. Cette communauté vit coupé du monde, puisqu’il n’y a actuellement aucune route qui y mène. D’ailleurs, prouvant que le « chemin Inca » n’est pas qu’un sentier touristique, une famille du village effectue la descente en même temps que nous. Pour cette « ballade » de 4 heures sur un chemin de montagne, la jeune maman est en tongues et porte un sac dans chaque main ! Le mari, lui, porte un petit sac à dos; le garçonnet, environ 6 ans, trotte. Papa daigne le porter dans les passages difficiles…
Pour sortir de cette petite vallée, on suit la rivière et on s’engage dans la gorge. On la suit sur quelques kilomètres, traversant et retraversant la rivière, dont l’eau n’est heureusement ni trop froide, ni trop abondante. Puis on quitte la gorge en grimpant rudement sur un épaulement. Là, le fabuleux panorama de la grande vallée de Tarija s’offre à nous. En fait, il s’agit plutôt d’un ensemble de vallées ramifiées, entrecoupées d’arides petites collines.
Trois heures plus tard, nous arrivons à Pinos, petit « village » niché au fin fond de la vallée de Tarija, après 9 heures de marche. Fatigués, mais heureux. Ce petit fond de vallée est superbe. De l’herbe, des arbres, de l’eau partout. Ayant été plus rapides que prévu, on continue sur la piste de Tarija, espérant rencontrer un véhicule… Mais, après encore deux heures de marche, on se résout à attendre le taxi que Susanne devait nous envoyer… et qui se révèlera fidèle au rendez-vous !
Catégories : Ballades
















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