Un début d’été humide
20 02 2008C’est l’été à Tarija. Un été qui, jusqu’à maintenant, aura été plutôt humide. La fin décembre et le mois de janvier ont simplement été peu agréables ici à Tarija, du point de vue climatique s’entend. Mais dans d’autres parties du pays, la situation a été très grave. Une partie du pays est d’ailleurs toujours sous l’eau. On compte une cinquantaine de morts, principalement dans la zone amazonienne du nord-est du pays. La faute, semble-t-il, a la Nina, ce phénomène climatique jumeau du Nino. Ces deux phénomènes, encore mal expliqués, sont liés à des changements dans les grands courants aériens, qui influencent la température des eaux du Pacifique ouest. Ils apparaissent à peu prêt tous les cinq ans, toujours aux alentours de Noel, d’où leur nom. A noter qu’ils ne semblent pas être dus, une fois n’est pas coutume, aux changements climatiques…

Nos visites de janvier, Philippe et François, se sont d’ailleurs retrouvés bloqués dans la région de Santa Cruz. Alors qu’ils visitaient les belles missions jésuites, les pluies ont coupé les routes et la voie de chemin de fer. Il faut dire qu’elles ont été aidées par les habitants d’un village qui, voyant que la route, surélevée, se transformait en barrage et que leurs maisons allaient être inondées, ni une ni deux, ont ouvert trois grandes brèches dans la route ! L’eau a ainsi été évacuée, au grand soulagement des habitants, mais au grand désappointement des chauffeurs des centaines de camions qui transitaient par la dernière route qui était restée ouverte entre le Brésil et la Bolivie. Ainsi, afin de pouvoir venir nous rendre visite, ils ont du louer les services d’un petit avion pour rentrer à Santa Cruz !
Ici à Tarija, ces pluies se sont traduites par une explosion végétale impressionnante. Alors qu’en octobre et novembre l’eau était rationnée (elle était coupée de midi à 10 heures du soir), que tout était sec et poussiéreux, maintenant des hautes plantes ont poussé partout, les rivières sont hautes, les cultures donnent à plein (à part certaines qui n’aiment pas trop d’eau) et l’eau abonde toute la journée. Dans le jardin, il était même difficile de traquer les mauvaises herbes. Les tomates, par contre, n’ont guère apprécié ce déluge, et ont été attaquées par le mildiou. Nous nous sommes fait faire une jolie petite marquise de plastic ondulé, parce qu’on en avait un peu marre d’être inondés à chaque pluie…
Mais cela fait maintenant une dizaine de jours que l’été semble installé. Il fait beau et chaud. Le ciel est presque constamment bleu. Les moustiques s’en donnent à cœur joie… Heureusement, il n’y a pas de malaria à Tarija. Sinon, nul doute que Noé se la chopperait… Après ses nombreux déboires de santé, la situation s’est améliorée… mais de sa première semaine d’école il a ramené… des poux !

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