Visite de la délégation E-Changer en Bolivie

29 03 2008

La semaine passée, nous avons eu la joie d’accueillir à Tarija une moitié de la délégation d’une vingtaine de personnes qu’E-Changer a baladées durant 10 jours en Bolivie. Chaque année, une telle délégation est organisée, afin de faire découvrir les pays dans lesquels E-CH est actif, ainsi que le travail des volontaires. Cela a été le cas l’année passée au Brésil, la précédente au Nicaragua. A chaque fois, un thème central sert de fil rouge à la visite. Au Brésil, c’était le Forum Social Mondial, au Nicaragua c’était la commémoration des 20 ans de la mort de Maurice Demierre, volontaire fribourgeois qui a été assassiné, avec quatre femmes paysannes, par la “Contra”, durant l’époque sandiniste. En Bolivie, c’est bien sûr la nouvelle situation politique, avec l’arrivée au pouvoir d’Evo Morales, la nouvelle constitution et les nombreux changements de fonds qui ont lieu dans le pays actuellement qui ont motivé la visite. L’idée est toujours de profiter de la présence sur place des volontaires pour les rencontrer et connaître leur travail. Mais c’est aussi l’occasion, grâce à la présence des volontaires, de rencontrer nos partenaires, des boliviens actifs et fortement ancré dans leur réalité. De cette façon les visiteurs (politiciens, journalistes, syndicalistes, sympathisants du mouvement, membres de groupe de soutien, famille ou amis des volontaires) sont plongés, grâce aux excellents contacts entretenus par les volontaires avec leur partenaire sud, directement au cœur de la vie sociale et politique du pays.

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L’arrivée “hawaïenne” de la délégation à l’aéroport deTarija

A Tarija, dès leur descente d’avion, outre la présence de la presse, ils ont été accueillis « à la hawaïenne » - avec des colliers de fleurs - par les “Bartolina Sisa”. Il s’agit d’une organisation de femmes paysannes, avec lesquelles E-Changer commence à travailler. Leur présidente, Julia Ramos, est une femme impressionnante d’énergie, de bonne humeur, de gentillesse et de clairvoyance. Elle est actuellement députée au parlement national pour le MAS. Nous nous sommes tout de suite rendus dans leur bureau, modeste mais sympathique. La rencontre a d’abords été un brin formelle, comme il le sied aux Boliviens. Julia avait “convoqué” le gratin des organisations sociales de Tarija, et l’on comptait, entre autres, trois parlementaires et une représentante du gouvernement. Les personnes présentes ont été très heureuses et honorées de la présence de ces personnalités helvétiques, et de la solidarité manifestée. Le sérieux de la rencontre a été magistralement brisé par le président d’E-Changer, dont la chaise s’est brusquement écroulée au beau milieu du discours d’un « compañeros » bolivien, ce qui a déclenché des rires helvétiques … et le scandale chez les Boliviens! Même Lina en parle encore, du monsieur qui est tombé de sa chaise!

L’après-midi, nous sommes allés visiter le village (ici, on dit « communauté », mais il conviendrait de dire « hameau ») de Doña Julia, situé dans la zone viticole de la vallée de Tarija. Une très belle contrée, très simple, mais où poussent vignes, figuiers ou encore grenadiers, tous justement chargés de délicieux fruits à cette époque de l’année. De nombreuses personnes ont été très surprises lorsque notre hôtesse a déclaré: « c’est là que je suis née » devant une simple petite maison de terre crue. Difficile de croire qu’une parlementaire nationale puisse être issue d’un milieu si modeste. Preuve, si besoin en est, de l’avancée que ce nouveau gouvernement représente pour les classes marginalisées du pays.

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Visite à Ancon Grande, petit village d’origine de Julia Ramos, parlemenatire nationale

La seule soirée à Tarija a été animée par un groupe de danse et un orchestre traditionnel de la région, qui accompagnaient la grillade et les vins locaux. Le lendemain matin, c’était la visite à Creciendo. Les enfants avaient préparé une fête, avec danses et confettis. Les voyageurs ont pu également écouter et interroger les enseignantes et la directrice sur leur travail. Puis se fut l’apéro chez nous, afin que les visiteurs puissent se faire une petite idée de la vie des volontaires. On a senti certains tentés… de s’y remettre ! Ainsi notre ami Bernard Borel, pédiatre adoré de nos enfants durant notre phase bellerine, ancien volontaire au Nicaragua et actuel député au Grand Conseil, fut-il surpris demandant discrètement à Susanne ce que pourrait faire un médecin ici…

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Noé et son pédiatre préféré                                Bernard Fragnière, président d’E-CH, à Creciendo

Pour terminer, une petite ballade par le centre-ville complétait cette rapide visite. Les voyageurs s’en sont allés très heureux, et, je crois, fiers d’E-Changer, ne regrettant que le manque de temps. Ce que, prévoyants, certains avaient anticipé, en allongeant la durée de leur séjour…



La fête des pères

29 03 2008

Mercredi passé, c’était la fête des pères en Bolivie, la saint-Joseph. Un peu d’égalité, c’est sympa, surtout dans un pays bien macho! Du coup, les enfants préparent, à l’école, des petits bricolages pour leur papa. Noé à Creciendo et Lina dans sa garderie haut de gamme ont respecté la tradition, et je me suis retrouvé avec deux jolis bricolages. On peut admirer ci-dessous, à gauche, le travail de Lina, 2 ans et demi, et à droite, celui de Noé, 4 ans et demi…

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On comprend mieux la difficulté que Susanne a à faire passer le message que, quand même, pédagogiquement parlant, ça serait sympa que ce soient les enfants qui fassent les bricolages…



La droite tarijeña assimile le MAS au nazisme

16 03 2008

 

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En une nuit, les murs du centre-ville se sont couverts d’une triste affiche. Le vice-président Alvaro Garcia Linera y est comparé à Hitler, et Evo Morales à sa marionnette nazie. Tout deux sont accusés d’être des dictateurs, de détruire le pays, et d’avoir fait couler le sang pour accoucher de la nouvelle constitution. Le sigle SS est repris pour signifier “secteurs sociaux”. Le fameux slogan de la république espagnole “No pasaran” est, par une triste ironie, recyclé par les fascistes locaux pour s’opposer à la “dictature de gauche” du président.

Bien sûr, ces affiches ne se trouvent que dans les rues directement autour de la place centrale, là où les courageux opposants au gouvernement sont sûrs de ne rencontrer personne qui ne soit pas d’accord avec eux. Ensuite, il est assez curieux de noter que ces organisations, qui ont récemment obligés les gens à participer aux grèves menées contre le gouvernement, qui ont crevé les pneus des taxis et frappé les commerçants qui désiraient travailler quand même, qui ont brûlé des tentes de sans-abri - tuant vif un enfant qui y dormait, qui promeuvent une autonomie actuellement illégale, j’en passe et des meilleures, se positionnent comme les garants de la démocratie.

Malheureusement, ces informations ne paraissent pas dans les médias locaux, qui sont tous contrôlés par cette dangereuse clique, et qui tendent nettement à renforcer les nombreux préjugés contre le gouvernement indigéniste d’Evo Morales. Ainsi, une dirigeante du Comité Civique de Tarija a récemment averti Evo Morales (Le président!) que, s’il s’avisait de venir à Tarija, il devait s’attendre à avoir des gros ennuis! On trouve également sur les murs du centre ville de nombreux graffitis racistes ou insultants, comme “Alvaro (Garcia Linera, le Vice-président) pédé” ou “Evo=Satan”, et autres joyeusetés. Du coup, beaucoup de gens finissent par être influencés par cette propagande haineuse, et la tension, entretenue par les médias et les dirigeants locaux, continue de monter. A quand l’explosion?



C’est parti pour quelques années d’école…

9 03 2008

Ce début d’année est celui de notre entrée (à presque tous) dans la vie bolivienne active. Susanne a commencé son travail à Creciendo à la mi-janvier, et au début février Noé a commencé l’école. Il s’y plait beaucoup. Au début, nous pensions qu’il y irait seulement le matin, mais il se bat pour y aller toute la journée ! Il a une bonne quarantaine de petits camarades, s’est déjà fait ami-ami avec les plus terribles des élèves, a ramené des poux, bref, c’est l’enthousiasme! Même si, une fois ou l’autre que sa maman n’était pas en classe, il s’est ennuyé, et est même revenu une fois seul à la maison, sans avertir personne !

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Tout cela a bien sûr très vite donné envie à Lina d’y aller aussi. Après quelques jours de bringues, puisque ces parents - qui n’y comprennent rien - n’étaient pas très chauds, nous nous sommes décidés à chercher une garderie qui puisse l’accueillir une matinée par semaine. Cela n’a pas été chose facile, d’abords parce que nous avions envie qu’elle puisse aller dans une garderie du quartier, avec les enfants des familles avec lesquelles Susanne travaille. Mais les maîtresses de l’école nous en ont très vite dissuadés. En effet, les garderies des quartiers périphériques sont vraiment peu sympathiques. Les enfants y sont plutôt « parqués » que gardés, dans des lieux exigus, sales, sombres… Même une garderie du centre, de classe moyenne dira-t-on, et qui nous avait semblé sympa, nous a été fortement déconseillée par notre nounou Blanca, qui y a travaillé. Du coup, Lina va dans la garderie qui est probablement la plus « selecte » de la ville ! Une maison tellement chouette que Susanne a déclaré texto « n’avoir pas connu garderie aussi chouette en Suisse » ! Ses petits camarades portent presque tous les noms des grandes familles de Tarija… Cela fait un peu bizarre de côtoyer ainsi le “gratin”, mais le fait est que les animatrices sont super sympas, que les activités sont très chouettes… et surtout, que Lina adore y aller ! Le premier jour déjà, après cinq minutes durant lesquelles elle a voulu que je joue avec elle et un petit camarade, c’était déjà tout juste si elle a accepté de me faire un bisou lorsque je lui ai dit que je m’en allais ! Je suis quand même revenu une heure après, pour voir si tout allait bien, et là, elle n’a même pas daigné m’adresse la parole… J’ai donc quitté la garderie, un peu penaud. Heureusement qu’il me restait Luca, qui me souriait de toutes ses gencives dans le tissu, parce que d’avoir coup sur coup Noé qui commence l’école, et Lina qui commence la garderie deux matins par semaine (le minimum), cela m’a quand même fait un peu bizarre…

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