La rencontre des volontaires

30 07 2008

Mercredi après-midi, je suis allé chercher Susanne et les enfants à l’aéroport de Cochabamba. Notre première rencontre des volontaires suisses en Bolivie a en effet eu lieu dans un joli hôtel champêtre à quelques 30 kilomètres de la ville, du mercredi soir au samedi à midi. Une septantaine de personnes étaient réunies sous la houlette de la COVOSU, la Coordination des Volontaires Suisses en Bolivie. La COVOSO « gère » une bonne trentaine de volontaires de quatre organisations sœurs suisses : E-Changer pour la Suisse romande, Interagire du Tessin, Interteam de suisse allemande et LED, petite organisation lichtenchteinoise. Chaque volontaire (ou couple, ou famille) vient avec un ou deux représentants boliviens de son organisation, et la rencontre voit donc se côtoyer des suisses et des boliviens en provenance de tout leur pays respectif.
Les « contrapartes », c’est-à-dire les boliviens avec lesquels travaillent les volontaires, sont aussi différents que peut l’être ce pays de contrastes. Paysans indigènes de l’altiplano, enseignants, activistes urbains ou travailleurs sociaux, chacun à une histoire et un point de vue aussi passionnant que différent. Chacun passionné par son travail, par la politique nationale et par l’échange de point de vue.
Cette rencontre de trois jours a été super, chargée de rencontres et de découvertes. Le premier jour, chaque organisation a été présentée par son volontaire et son ou sa responsable bolivien. Les organisations appuyées par les 4 ONG suisses travaillent dans des domaines aussi variés que l’appui aux femmes violentées ou aux enfants de la rue, à l’agriculture écologique ou à la protection de l’environnement, à la prévention contre le sida ou contre la violence familiale, etc. Chacune avait dressé un petit stand, et, dans un esprit un peu compétitif à mon goût, un jury a élu les meilleures présentations. A ce petit jeu, c’est Creciendo et son originale présentation par un petit spectacle de marionnettes qui a enlevé le gros lot! Bravo à Susanne, Thérèse et Nancy, nos trois représentantes.

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La présentation de Creciendo
Le deuxième jour, nous avons travaillé par groupe sur le thème du changement climatique et de la protection de l’environnement, en partant des films de Al Gore et de Leonardo Di Caprio (oui, oui, le bellâtre, néanmoins « son » film est moins mauvais que celui d’Al Gore). Les échanges de points de vue ont été très intéressants. Les Suisses se sont montrés en général plus théoriques, plus conscients des problèmes à l’échelle globale … et conscients de porter une responsabilité plus grande. Les boliviens sont en général plus pratiques, cherchant des solutions aux problèmes concrets et visibles de leur quotidien (déchets, pollutions diverses). Très intéressants échanges de points de vue qui ont débouchés, entre autre, sur des résolutions personnelles, au cours desquelles Susanne s’est engagée à planter trois arbres… Et moi ? A ce moment précis, je m’occupais des enfants … et ne me suis donc engagé à rien!
Nous avons aussi eu droit à une conférence-débat très intéressante avec une politologue bolivienne, qui nous fait une analyse très pertinente de la situation sociopolitique actuelle du pays. Cette chercheuse a eu le courage de présenter un regard scientifique et neutre de la situation, ce qui a eu le don d’en énerver certains, qui auraient bien aimé la voir prendre parti … si possible pour le gouvernement d’Evo Morales ! Nous avons également vu un film sur les violences racistes qui se sont déroulées au mois de mai à Sucre (cf. un article précédent). Après un bon moment sans réaction, tant les faits – bien que connus par tous – ont été violents et honteux, une discussion intéressante s’est faite sur le racisme structurel qui hante le pays … et les pays du nord. Il a été intéressant de voir que les Boliviens, selon les Suisses, idéalisent notre beau pays. Les volontaires suisses ont en effet remarqué que la Suisse est très loin d’être un exemple en la matière.
Outre ces moments de travail et de réflexion, la rencontre a été émaillée de moments plus récréatifs, comme des bains thermaux nocturnes ou des parties de foot et de volley Suisse – Bolivie (dont mon dos se ressent encore fortement) et par une folle nuit de danse. Au foot, les boliviens (et les boliviennes, très footballeuses) restent de bons latins individualistes, et nous font parfois grimper aux filets, alors que nous les rendons fous avec nos passes alors « que tu pouvais tirer au but »! La rencontre des cultures se fait à tous les niveaux… Le clou de cette vie culturelle helvético-bolivienne a été la soirée – ou plutôt la nuit - de danse. Elle a commencé par un concours durant lequel les couples ont été soumis à tous les types de musique bolivienne, un « chacal » éliminant un-à-un les couples qui déplaisaient au jury – dont Susanne faisait partie. A ce petit jeu, on peut noter que les boliviens et les femmes se sont montrés en général nettement supérieurs aux hommes et aux suisses… Cette importance de la danse ainsi que la présence des enfants jusqu’à point d’heure est assez typique de la fête bolivienne. Mais on l’on note que de nombreux suisses se sont bien faits à ces étranges coutumes…

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 Le couple vainqueur



Premier semestre d’anthropologie

30 07 2008

La semaine passée, nous étions à Cochabamba. Cette grande ville de près d’un million d’habitants située au centre du pays est le siège de la Coordination des Volontaires Suisses en Bolivie (COVOSU) ainsi que de l’Université Catholique Bolivienne. Je suis parti seul dimanche, puisque ma première session d’examens pour mes études d’anthropologie se déroulaient lundi et mardi. Je me suis invité chez la famille chez laquelle j’avais été logé il y a 8 ans. Cochabamba a été en effet ma première étape bolivienne, lors de laquelle j’ai fait mes premières armes en espagnol.

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Mes hôtes à Cbba, la famille Goritti

Ce premier semestre d’études s’est très bien passé, et je ne me souviens pas avoir eu d’aussi bonnes notes depuis… l’école primaire! Je crains néanmoins que cet état de fait ne parle plus du niveau général des étudiants que du mien… Enfin, les cours proposés sont vraiment très intéressants et les enseignants très sympas. Le matériel est parfois un peu « simpliste » à mon goût (certaines lectures sont plus d’un niveau de gymnasien que d’universitaire), mais la matière est passionnante, et chacun est bien sûr libre de compléter le matériel à son goût, ce que je fais volontiers grâce à la générosité et à la gentillesse familiale…
Ce premier semestre, j’ai travaillé une introduction aux méthodes ethnographiques, l’histoire des religions, l’histoire et la variété des cultures américaines et un cours d’anthropologie générale. Pour mon deuxième semestre, je me suis inscrit à la deuxième partie du cours sur les cultures américaines, à un cours d’histoire de la Bolivie préhispanique, au cours d’introduction à la recherche anthropologique et à celui de communication interculturelle. Chaque cours comporte cinq travaux que nous devons rendre durant le semestre. Les quatre premiers consistent à répondre et à développer des questions portant sur des lectures obligatoires. Pour le moment, cette partie est relativement scolaire. Le cinquième travail est une monographie, c’est-à-dire une recherche sur un thème précis. En général, ces petites recherches doivent comporter un travail de terrain. La dimension pratique de cette formation est particulièrement importante et intéressante.
Lors de ce premier semestre, j’ai par exemple fait un travail sur la façon dont les personnes âgées du quartier ressentent les changements apportés par la modernité, un autre sur l’entraide entre élèves dans une classe de l’école Creciendo. J’ai également fait un travail théorique sur les fameux indiens Jivaros - qui ne réduisent plus les têtes. Ce dernier travail a même été sélectionné parmi les meilleurs travaux de semestre, et le prof m’a demandé de le présenter lors des soirées anthropologiques.

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Indien Jibaro

En effet, les soirs de ces deux journées de présence obligatoire et semestrielle, des étudiants et des enseignants présentent leurs travaux. Soirées très intéressantes, lors desquelles on a par exemple eu la présentation d’un travail de diplôme sur les juifs de Bolivie, sur la gestion de l’eau dans des communautés indigènes, ou encore sur la façon dont la ménopause est vécue par les femmes indigènes des Andes boliviennes. Pour ma propre présentation, j’ai déjà dû apprendre à utiliser le logiciel Powerpoint (moi qui avait dit que je n’utiliserai jamais ce programme…) Ensuite, je me suis bien amusé à concocter une introduction rigolote basée sur Tintin et l’oreille cassée. Hergé utilise en effet des données historiques, tant sur ceux qu’il appelle les « Bíbaros » que sur la guerre du Gran Chapo, qui met en scène la guerre des années 30 entre la Bolivie et le Paraguay. Ma présentation, qui devait durer une bonne demi-heure, à finalement été écourtée à une dizaine de minutes, organisation bolivienne oblige. Elle n’a apparemment pas été jugée trop mauvaise, bien que j’aie eu la forte impression d’en avoir perdu … mon espagnol !

Quand aux examens proprement dit – qui comptent pour moitié de la note finale, l’autre moitié étant constituée par les 5 travaux rédigés en cours de semestre –, ils se composent généralement d’une discussion à bâtons rompus entre étudiants et enseignants… A l’heure actuelle je n’ai pas encore de résultats, mais il ne me semble pas qu’il devrait y avoir de problèmes majeurs. Quatre cours validés, m’en reste donc une petite quarantaine…



Vacances d’hiver

14 07 2008

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Susanne et Noé sont en vacances depuis une semaine… et ne savent pas encore quand ils reprendront le chemin de l’école! Un peu surprenant pour des suisses, habitués aux vacances planifiées des années à l’avance. Ici, cela dépend du froid et du bon vouloir des responsables départementaux de l’éducation. Ce sera deux semaines s’il fait beau, et trois s’il fait trop froid, paraît-il. Toujours est-il que ces premières (et uniques vacances en cours d’année scolaire) sont les bienvenues pour Susanne, qui y est parvenue sur les rotules. Travail passionnant et passionné, mais fatiguant. Par contre, il n’est pas beaucoup exagéré de dire que Noé, quant à lui, ne se réjouit que … de sa première rentrée.

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Deux semaines donc plutôt tranquilles, qui nous voient essayer de profiter du calme de la maison. Heureusement, l’”hiver” est magnifique et depuis deux semaines les températures sont remontées pour être ce qu’elles sont chez nous à la même époque. Plus une goutte de pluie n’est tombée depuis trois mois, et le ciel demeure d’un bleu “anniviard”. Mais ce calme est tout relatif, puisque de nombreux enfants du quartier, désœuvrés par les vacances, viennent jouer ou se remplir l’estomac chez nous. Nous avons également entrepris des grands nettoyages d’hivers et pris des cours de danse, à domicile s’il vous plait. En effet, nous avons la visite de Sandra, une amie du Susanne qui passe deux mois à Buenos Aires pour apprendre le tango. Elle a fait un (petit) détour d’une trentaine d’heures de bus, pour nous faire un petit coucou. Et a insisté pour prendre un cours de chacarera, une danse originaire du Chaco, que l’on danse des deux côtés de la frontière et qui se trouve être ma danse préférée… que je dansais avec beaucoup de chœur, mais aucune technique!

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Bonnes vacances d’été à vous!