Pour peser dans le monde, l’Amérique exclut les Etats-Unis

26 02 2010

Paru dans Le Courrier le Jeudi 25 Février 2010, par BENITO PEREZ et l’ ATS

Exit l’Organisation des Etats américains (OEA)? La «rencontre de l’unité», déroulée ironiquement à Cancun au Mexique, a en tout cas marqué la volonté des chefs d’Etat et de gouvernement d’Amérique latine et des Caraïbes de prendre d’avantage d’autonomie vis-à-vis du grand frère étasunien, siège de l’OEA et poids lourd en son sein. Réunis mardi en sommet, 32 Etats ont donc donné naissance à la Communauté d’Etats latino-américains et caribéens (CELC). Autre clin d’oeil de l’histoire, c’est à Felipe Calderón, ex-grand allié de George W. Bush, qu’est revenu l’honneur de présenter la nouvelle organisation. L’objectif officiel n’est bien sûr pas de se passer de Washington et d’Ottawa, mais bien de «stimuler en priorité l’intégration régionale (…), de faire valoir les projets de la région dans les rendez-vous internationaux et de renforcer (notre) position face aux événements mondiaux d’importance», a déclaré M. Calderón. Ce dernier lisait la déclaration finale de ce sommet qui a réuni 24 chefs d’Etat ou de gouvernement. L’exécutif du Honduras, non reconnu par une dizaine d’Etats latino-américains, n’était pas invité. Cette nouvelle initiative «est d’importance historique», a déclaré le Cubain Raul Castro. Pour son pays longtemps mis au ban de la communauté continentale sous la pression des Etats-Unis, la réunion avait un goût de revanche. Mais le président est demeuré sobre: «Cuba considère que les conditions sont remplies pour avancer rapidement vers la constitution d’une organisation régionale purement latino-américaine et caraïbe», a-t-il simplement ajouté. Plus offensif, le Bolivien Evo Morales a célébré la «défaite de l’empire» face à l’unité latino-américaine. Le président vénézuélien Hugo Chavez, chef de file de la gauche latino-américaine, a renchéri en affirmant qu’il s’agissait de «se défaire définitivement de la domination des Etats-Unis sur le continent». Reste que parmi les Etats fondateurs du CELC, les Nord-Américains ne manquent pas de fidèles alliés, tels que le Colombien Alvaro Uribe ou le Péruvien Alan García. Soucieux d’unité, le Brésilien Lula a décliné la proposition de présider la future institution, afin de ne pas lui donner un profil trop politique. Quant à M. Calderón, très proche de Washington – malgré un actuel léger froid – il a tenu à préciser que la CELC «ne doit représenter un motif de préoccupation pour personne». Dès l’ouverture du sommet, le président mexicain avait souligné qu’un tel bloc régional devait simplement garantir «la participation effective de la région à l’économie et aux décisions mondiales». Soit défendre les intérêts continentaux sans l’interférence du géant étasunien. BENITO PEREZ (AVEC L’ATS)



La radio Yembatirenda fait son carnaval

16 02 2010

2561

Lina et Noé aident à tendre la banderolle qui signale "Une rencontre avec la diversité"

262

N'ayant pas de sono, on a dansé et défilé... en écoutant notre propre radio!

Le carnaval, en Bolivie en général et à Tarija en particulier, c’est quelque chose. On s’y prépare des semaines, voire des mois à l’avance, et il est composé de multiples dates, fêtes et activités diverses. Durant toute cette période, on peut voir des défilés des personnes déguisées dans tout les coins de la ville, mais il y a aussi, particularité de Tarija, le jeudi des compères et le jeudi des commères!

Avec les copains de la radio, nous avons participé au défilé du quartier dans lequel nous sommes implantés, ce samedi. C’était assez spontané et peu préparé (de notre part), mais nous avons quand même réussi à glaner un prix pour nos costumes!

042

Préparation de la Ch'alla dans les locaux de la radio

Et puis, le mardi après le dimanche de Carnaval, soit Mardi Gras chez nous, ici c’est le Martes de Ch’alla, c’est-à-dire le mardi de libation à la Pachamama. On fait donc des offrandes dans les maisons, les bureaux, mais cela peut aussi être les voitures ou quoique ce soit, pour que la Pachamama soit généreuse durant l’année.

Cela consiste généralement à décorer la masion, à brûler des feuilles de coca, de l’alcool et des représentations de “la chance” (de l’argent par exemple) et d’enfumer la maison avec la fumée qui en résulte. Et il s’agit également d’asperger toute la maison de bière et d’alcool pur…. et en gardant une partie pour les participants.

C’est une tradition fort sympathique, qui regroupe les familles, les amis, les collègues, autour de leurs lieux de vie et d’activité, en relation avec la pachamama, c’est-à-dire autour d’une cosmovision d’origine andine, qui est cependant très présente à Tarija.

0361

Le studio a été décoré pour la fête par toute une joyeuse équipe

124

Hinginio enfume la nouvelle étagère - financée par votre générosité - pour que la bibliothèque fonctionne bien cette année.



C’est la rentrée!

1 02 2010

0122

7h45 ce lundi matin: alors que certains s'en vont joyeusement à l'école...

017

... d'autres restent (tristement) à la maison!

019

Noé dans sa nouvelle classe de "grands"

Ce matin 1er février, c’était la rentrée des classes en Bolivie. Enfin, le début de la rentrée, parce qu’ici on rentre un peu à la débandade à l’école. Le jour de la rentrée est en fait celui où la plupart des enseignants et des directions commencent à travailler… Tous les postes ne sont pas encore repourvus et les enseignants n’ont encore rien préparé…

René, un ami de Noé qui est dans une autre école et que nous avons croisé dans la rue, nous a signalé que dans son école “les profs n’étaient pas prêts, et qu’ils nous ont dit de revenir demain… ou l’un de ces prochains jours…”. A la radio, un animateur interviewait une maman devant une école, et celle-là signalait que “aucun enseignant n’est là, même la direction est absente. Il devrait au moins avoir une personne de la direction pour nous renseigner…”

A Creciendo, la situation est différente, puisque les enseignantes préparent la rentrée depuis une bonne semaine déjà. Il demeure un petit doute quand à la professeure de première année - la classe de Noé - qui n’a été proposée par la Direction Éducative du Département que vendredi passé. Elle était là ce matin, mais son poste n’est pas encore officiel. Elle a l’air sympa, en tout cas Noé a apprécié cette première matinée chez les grands. Une fois encore, les boliviens nous démontrent leur immense capacité d’improvisation, puisqu’ elle n’avait pas préparé sa matinée… et qu’elle s’en est fort bien tirée!

Pour Lina, la matinée s’est très bien passée, elle a également beaucoup aimé sa première matinée, et se réjouit de continuer. Du côté de Susanne, beaucoup à faire bien sûr. En particulier, appuyer la nouvelle prof de première année. Car non seulement cette dernière débute à Creciendo, école qui a d’autres exigences que  les autres, mais encore quelques nouveaux élèves s’annoncent difficiles. Heureusement, le petit groupe des copains de Noé, en provenance du jardin d’enfants, sont super chouettes, et formeront une bonne base.