C’est la rentrée!

1 02 2010

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7h45 ce lundi matin: alors que certains s'en vont joyeusement à l'école...

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... d'autres restent (tristement) à la maison!

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Noé dans sa nouvelle classe de "grands"

Ce matin 1er février, c’était la rentrée des classes en Bolivie. Enfin, le début de la rentrée, parce qu’ici on rentre un peu à la débandade à l’école. Le jour de la rentrée est en fait celui où la plupart des enseignants et des directions commencent à travailler… Tous les postes ne sont pas encore repourvus et les enseignants n’ont encore rien préparé…

René, un ami de Noé qui est dans une autre école et que nous avons croisé dans la rue, nous a signalé que dans son école “les profs n’étaient pas prêts, et qu’ils nous ont dit de revenir demain… ou l’un de ces prochains jours…”. A la radio, un animateur interviewait une maman devant une école, et celle-là signalait que “aucun enseignant n’est là, même la direction est absente. Il devrait au moins avoir une personne de la direction pour nous renseigner…”

A Creciendo, la situation est différente, puisque les enseignantes préparent la rentrée depuis une bonne semaine déjà. Il demeure un petit doute quand à la professeure de première année - la classe de Noé - qui n’a été proposée par la Direction Éducative du Département que vendredi passé. Elle était là ce matin, mais son poste n’est pas encore officiel. Elle a l’air sympa, en tout cas Noé a apprécié cette première matinée chez les grands. Une fois encore, les boliviens nous démontrent leur immense capacité d’improvisation, puisqu’ elle n’avait pas préparé sa matinée… et qu’elle s’en est fort bien tirée!

Pour Lina, la matinée s’est très bien passée, elle a également beaucoup aimé sa première matinée, et se réjouit de continuer. Du côté de Susanne, beaucoup à faire bien sûr. En particulier, appuyer la nouvelle prof de première année. Car non seulement cette dernière débute à Creciendo, école qui a d’autres exigences que  les autres, mais encore quelques nouveaux élèves s’annoncent difficiles. Heureusement, le petit groupe des copains de Noé, en provenance du jardin d’enfants, sont super chouettes, et formeront une bonne base.



La Bolivie invite la société civile à dépasser l’échec de Copenhague

13 01 2010

Une très intéressante série d’articles parus dans Le Courrier du mardi 12 Janvier 2010, par notre ami et collègue d’E-Changer, BERNARD PERRIN

La Bolivie invite la société civile à dépasser l’échec de Copenhague
Paru le Mardi 12 Janvier 2010
BERNARD PERRIN

CLIMAT - Evo Morales appelle à une Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique. Le président indigène espère prolonger la mobilisation planétaire née lors du sommet de Copenhague.
Dans les années 1960, on pouvait y organiser des compétitions de ski. A plus de 5300 mètres, surplombant la cuvette de La Paz, la petite station de Chacaltaya revêtait chaque hiver son poncho blanc. Aujourd’hui, il ne reste plus que des cailloux… «Ce qui se passe ici dans les Andes avec la fonte des glaciers se produit partout dans le monde. Et le même péril du changement climatique menace aujourd’hui les îles, les pôles, les régions chaudes d’Afrique, les sources d’approvisionnement en eau potable. C’est une menace réelle pour l’existence de l’humanité, des êtes vivants et de notre Terre Mère», s’inquiète Evo Morales. Face à l’urgence climatique, le président bolivien a donc solennellement convoqué, la semaine dernière depuis le palais présidentiel de La Paz, les peuples et les mouvements sociaux du monde ainsi que tous les défenseurs de l’humanité à la «première Conférence mondiale des peuples sur le réchauffement climatique et les droits de la Terre Mère». Une sorte de nouveau Forum social mondial, exclusivement consacré au climat, qui se tiendra du 20 au 22 avril dans la ville de Cochabamba.
Evo Morales y invite aussi «les scientifiques, les universitaires, les juristes et tous les gouvernements qui ont la réelle volonté de travailler avec les peuples».

Le triomphe des mouvements sociaux

Mais pourquoi une telle conférence, seulement quatre mois après le sommet de Copenhague? «Au Danemark, nous avons vécu l’échec cuisant d’un petit groupe de présidents de gouvernements impérialistes, incapables de s’entendre, et de comprendre les enjeux. Et de l’autre côté, nous avons assisté au triomphe des mouvements sociaux qui s’opposent au capitalisme», répond Evo Morales.
C’est donc de cette mobilisation des masses que le président veut profiter: «Ce sont les peuples, les forces sociales du monde entier qui sauront apporter les solutions au changement climatique. C’est notre responsabilité historique, c’est la responsabilité du siècle, et d’ores et déjà nous avons le soutien de gouvernements responsables.»
Après Porto Alegre, Cochabamba écrira-t-elle une nouvelle page de l’histoire du mouvement anticapitaliste? Sur internet, la convocation bolivienne voyage déjà du Mexique à l’Inde en passant par la France et les Etats-Unis… «Nous avons vraiment toutes les raisons de penser que cette Conférence marquera un tournant dans l’histoire, faisant passer le pouvoir des gouvernements impérialistes aux peuples du monde», assure Evo Morales, qui a notamment chargé son ministre des Affaires étrangères David Choquehuanca d’assurer une diffusion planétaire de la convocation.

Prendre des mesures de fond

C’est que le premier président indigène d’Amérique du Sud, nouveau chantre de la défense de la Pachamama, la Terre Mère, ne veut pas d’une simple conférence de plus: «Nous devrons ensemble analyser les causes structurelles et systémiques qui provoquent le changement climatique et proposer des mesures de fond qui rendent enfin possible le bien-être de l’humanité, en harmonie avec la nature.» Ce qui devrait notamment déboucher sur une Déclaration universelle des droits de la Terre Mère et sur des propositions concrètes de nouveaux engagements dans le cadre du protocole de Kyoto.
De manière plus concrète encore, la Conférence devrait élaborer un «plan d’action pour avancer vers la constitution d’un Tribunal international de justice climatique».

Dette climatique

Evo Morales profitera aussi de cette Conférence mondiale pour pointer du doigt une fois encore la responsabilité des pays industrialisés, «qui regroupent 20% de la population mondiale, mais qui sont responsables de près de 75% des émissions historiques des gaz à effet de serre». Appuyée par plusieurs pays dits du Sud, comme l’Algérie ou le Sri Lanka, la Bolivie réclamera donc aux pays industrialisés de payer leur dette climatique.
Une créance qui doit être tout d’abord acquittée par une réduction drastique des émissions de la part de ces pays. «C’est une condition nécessaire pour stabiliser le climat de la Terre», insiste Evo Morales.
La dette, enfin, devra être réglée par des transferts de technologie «verte», afin que les pays en développement puissent entreprendre un modèle de croissance qui ne réplique pas les graves effets de l’industrialisation capitaliste et qui ne mette pas en danger l’équilibre écologique de la planète. Le président bolivien se veut ferme: «En termes de dette, c’est désormais au Nord de passer à la caisse, en non plus aux pays du Sud!»

«Les mouvements doivent s’accaparer la Conférence»

Quel jugement porte le Forum bolivien sur l’environnement (Fomobade) sur cette Conférence des peuples annoncée par Evo Morales?

Jorge Luis Medrano: Un jugement globalement positif! Après le sommet de Copenhague, qui n’a pas débouché sur les mesures que chacun espérait, je crois que la convocation des mouvements sociaux mais encore plus des peuples indigènes du monde entier, peut offrir une réelle réponse au problème du changement climatique. Il manque encore dans l’opinion publique mondiale une réelle prise de conscience écologiste, de la nécessité de baisser drastiquement les émissions de CO2 et notre niveau de vie, spécialement dans les pays industrialisés. En ce sens, l’apport des peuples indigènes peut être primordial.

Le fait qu’un Etat convoque les mouvements sociaux vous choque-t-il?

D’une part, il fallait que quelqu’un prenne l’initiative, ne reste pas les bras croisés. Evo Morales a saisi l’opportunité et son charisme va donner un impact certain à cette initiative. D’un autre côté, en tant qu’organisation de la société civile, disons que nous nous méfions particulièrement du mariage de la politique et des mouvements sociaux. Il faudrait aussi rapidement que cette Conférence soit revendiquée, en quelque sorte accaparée, par un ensemble de mouvements mondiaux, pour éviter aussi son rejet par les Etats qui sont opposés politiquement à l’axe Bolivie-Equateur-Venezuela.

Comment jugez-vous par exemple le projet de Tribunal environnemental?

C’est une excellente idée, il permettrait de juger qui contribue au réchauffement climatique, et de condamner les Etats en fonction. Mais ce tribunal ne devra pas juger que les pays industrialisés, mais aussi les pays dits en développement, dont la Bolivie. Car ces pays sont tout autant empêtrés dans la contradiction entre développement industriel et préservation de l’environnement.

Comme acteur bolivien, le Fomobade participera-t-il à la Conférence?

Nous n’avons pas encore reçu la convocation du gouvernement! Nous l’étudierons quand nous l’aurons. Pour l’heure, les objectifs apparaissent très généraux, et à vrai dire pas très clairs! Il va être important de préciser un peu le contenu de la Conférence, il en va de son succès. Mais le temps est compté, je crains que les délais soient vraiment courts d’ici avril. PROPOS RECUEILLIS PAR BPN

DEGATS CLIMATIQUES

Pour la Bolivie, le constat est plutôt amer: avec 0,03% des émissions mondiales de CO2, elle n’a pratiquement pas contribué au changement climatique, mais elle en est une des premières victimes. Le réchauffement climatique a réduit d’un quart la masse des glaciers de la cordillère royale des Andes entre 1987 et 2004. La situation est devenue réellement dramatique pour les populations humaines en Bolivie. Le glacier du Tuni Condoriri, qui alimente la ville d’El Alto et son quasi-million d’habitants, a perdu durant cette même période 35% de son volume.
L’approvisionnement en eau potable, l’irrigation des cultures et la production d’énergie électrique sont désormais en danger. De nouveaux barrages sont en projet, tout comme la perforation de nouveaux puits pour atteindre les eaux souterraines, mais il faudra des années et des centaines de millions de dollars pour les concrétiser.
En attendant, des milliers de personnes vont au puits pour remplir les bouteilles, et des quartiers entiers ont vécu sans eau courante pendant plusieurs semaines, au plus fort de la sécheresse qui a frappé la Bolivie ces derniers mois et qui, fin novembre, a fait baisser le niveau du lac Titicaca de 80 centimètres par rapport au mois d’avril.
Dégât collatéral du changement climatique, qui met la planète dans tous ses états, la «confusion écologique» frappe désormais l’altiplano bolivien. Les moustiques ont fait leur apparition à El Alto, et la ville perchée à plus de 4000 mètres d’altitude a connu ses premiers cas de… malaria, une maladie jusque là endémique dans la région amazonienne! BPN

CONTRADICTIONS BOLIVIENNES

Avant de convoquer la Conférence de Cochabamba, Evo Morales avait déjà pris la tête du combat contre la dette climatique en élaborant l’an dernier ses «dix commandements pour sauver la planète», sorte de programme écologiste planétaire, bannissant notamment les agrocarburants.
Le militant vert bolivien Pablo Cingolani voit toutefois des limites et une certaine contradiction dans ce raisonnement: «Les pays pauvres critiquent la folie du développement actuel, mais ils reproduisent exactement, à leur échelle, le même modèle qui nous a conduits à cette crise écologique planétaire.» Le chercheur du Forum bolivien sur l’environnement et le développement (Fobomade) s’interroge: «Pourquoi ne donnons-nous pas l’exemple au monde en commençant par sauver ce qui est à l’intérieur de nos frontières? Pourquoi ne jugeons-nous pas nos propres criminels écologiques avant de créer un tribunal international?»
Pablo Congolani fait directement référence à l’Etat bolivien, dont le programme de «grand saut industriel» sur ces cinq prochaines années ne dessine pas un véritable modèle économique alternatif. La Bolivie va au contraire intensifier l’exploitation pétrolière en Amazonie et ouvrir une énorme mine de fer à ciel ouvert dans l’est du pays, qui va condamner deux réserves naturelles et mettre en péril l’approvisionnement en eau des communautés indigènes locales.
Et le nord du département de La Paz, l’une des régions les plus riches en biodiversité – et l’une des plus fragiles aussi, comme le démontre une récente étude de la Ligue de défense de l’environnement (Lidema) –, est aujourd’hui menacée par un mégaprojet de plantations de canne à sucre. But avoué: produire à très grande échelle des… biocombustibles!



Noël

27 12 2009

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Pour fêter Noël à Tarija...

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... il faut déjà préparer le mandarinier de Noël...

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... faire les biscuits...

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... pour être prêts, même si c'est le soir du ... 26!

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La magie du feu

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L'artiste pyromane Noé

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Une belle soirée en famille



Vive les vacances!

26 12 2009

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En volant à La Paz, on survole Oruro, ville minière de l’altiplano

Du 9 au 23 décembre nous avons pris deux semaines de vacances familiales. Nous avons installé notre “camp de base” à La Paz, chez nos amis Bernard et Sarah. De là, nous avons rayonné sur la côte chilienne et sur les rives du lac Titicaca. Quelques photos pour vous faire envie…

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La Paz au crépuscule, avec l’Illimani (6438 mètres) en toile de fond
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Arrivée à El Alto, la banlieue pauvre de La Paz devenue en quelques décenies une ville aussi grande que la capitale. Habitée principalement par des indiens Aymara, elle est très combative et constutue l’un des principaux soutiens à Evo Morales. Elle présente à ses visiteurs une statue du “Che” en matériaux de récupération.
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Le Parinacota, un volcan éteint culminant à 6348 mètres d’altitude à la frontière chilo-bolivienne.
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A la plage à Arica, l’extrême-nord de la côte chilienne, à la frontière avec le Pérou
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En famille à Arica, dans la région du Désert d’Atacama. Il s’agit de la zone la plus aride du globe. De nombreux adultes n’y connaissent pas la pluie…
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Vous pensiez que les dinosaures avaient disparus? C’est que vous n’aviez encore jamais rencontré le sympathique Sablosaure…’
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L’une des plages d’Arica, avec, au fond, le port marchand
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Certaines se croient en Californie…
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Le soleil s’en va en direction de … l’Australie
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Deuxième grande étape de nos vacances, le lac Titicaca. Au fond, l’Illiampu (6368 mètres).
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On pourrait se croire en Grèce. Pas seulement à cause des couleurs, mais également pour les ruines milénaires.
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Dans le port de Ch’allapampa, sur l’Ile du Soleil … qui a plutôt été l’Ile de la Pluie!
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Crépuscule sur le port de Ch’allapampa
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On quitte l’Ile du Soleil, direction Copacabana, la vraie, pas celle de Rio…
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Copacabana,petite ville des bords du Titicaca, est un lieu de pélerinage depuis des siècle, bien avant l’arrivée des conquistadores.
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La nuit tombe sur la baie de Copacabana, qui a donné son nom à la célébrissime plage carioca


Large victoire d’Evo Morales lors des élections générales boliviennes

7 12 2009

Le président Morales et les mouvements sociaux qui composent le MAS (Mouvement Vers le Socialisme) ont largement remporté les élections générales de ce dimanche en Bolivie. Selon les sondages effectués à la sortie des locaux de vote, Evo Morales aurait remporté la présidentielle avec un score d’environ 62%, améliorant ainsi de près de 10 points le score historique qui l’avait mené à son premier mandat, il y a quatre ans. Son poursuivant direct, le principal leader de l’opposition de droite, Manfred Reyes Villa, remporterait environ 25% des suffrages. En troisième position, l’autre candidat de droite Samuel Doria Medina obtiendrait environ 6% des voix.

Depuis 2005, le MAS domine largement dans les départements altiplaniques à majorité indigènes. Les votations de dimanche confirment cette tendance, puisqu’Evo Morales y maintient une suprématie qui oscille entre 65% à Cochabamba et 80% à Potosi. Mais, en plus, les fiefs traditionnels de la droite, c’est-à-dire les départements des plaines de l’est du pays, ont tous connu une profonde avancée du MAS. Pour la première fois, Evo Morales remporte en effet le département de Tarija, bastion traditionnel de l’opposition, avec environ 50% des voix. Il y a gagné dans 5 des 6 provinces. Dans les départements de Santa Cruz et de Pando, s’il semble que le MAS ait perdu, il fait presque jeu égal avec l’opposition. Il n’y a que dans le département du Béni que l’opposition reste solidement en tête. Cependant, si le MAS perd dans ces trois départements, sa progression par rapport aux élections 2005 y est spectaculaire. En effet il a gagné 10% de voix en plus à Santa Cruz par rapport à la précédente présidentielle, et il a doublé son score dans le Pando, passant de 20% en 2005 à plus de 40% ce dimanche.

Quant à la configuration du nouveau Parlement, rebaptisé Assemblée Législative Plurinationale, le MAS y jouira d’une ample majorité. Il conquiert en effet largement le contrôle de la chambre haute, qui avait bloqué de nombreuses lois au cours de la première législature. Le MAS remporterait 85 des 130 sièges des députés, et 25 des 36 sièges de sénateurs. Ces scores constituent une autre grande victoire, et devraient permettre au parti gouvernemental de mettre rapidement en application la Nouvelle Constitution sans avoir à négocier avec son opposition.

Cette ample victoire est encore augmentée par un taux de participation historique, qui dépasse les 90%. De plus, tous les observateurs internationaux - des Nations Unies à l’Organisation des Etats Américains en passant par l’Union Européenne - ont fait état de la qualité et de la transparence de cette journée électorale, qui a été vécue comme un fête démocratique par l’immense majorité des boliviens. Plusieurs délégations internationales ont qualifié ces élections « d’exemplaires ».

Les autonomies proposées par la Nouvelle Constitution ont également le vent en poupe. En effet, tous les départements ont accepté le référendum sur l’autonomie qui leur était proposé. Après les départements orientaux – qui ont voté illégalement pour l’autonomie en 2008 – les 5 départements orientaux ont plébiscité hier l’autonomie proposée par la Nouvelle Constitution. C’est également le cas de la province du Gran Chaco du département de Tarija – la province la plus riche en hydrocarbure du pays – qui a voté largement pour l’autonomie régionale. Elle porte là un autre coup dur à l’opposition de droite encore au pouvoir dans le département. La majorité des douze régions indigènes qui votaient pour l’autonomie « indigène et paysanne » l’ont semble-t-il acceptée. La Bolivie vit donc, à travers sa Nouvelle Constitution (largement acceptée par le peuple en janvier dernier), un profond changement dans le sens d’une décentralisation et d’une plus grande autonomie de ces différents niveaux politiques.

Dimanche soir, dans un discours nocturne conciliateur sur la place Murillo de La Paz, le président brillamment réélu à appeler l’opposition à « travailler ensemble pour la Bolivie ». Il a également signalé que « le triomphe remporté dans les urnes nous oblige à accélérer le processus de changement mis en place depuis 2006 ». Le premier président d’origine indigène de la Bolivie, qui est également celui qui dispose du plus grand appui populaire que le pays n’ait jamais connu, a également signalé que « le peuple bolivien a montré une grande vocation démocratique », et a signalé que « le triomphe de ce processus de révolution culturelle et démocratique n’est pas seulement de tous les boliviens », mais également « une juste reconnaissance aux peuples, aux présidents et aux gouvernements anti-impérialistes ».

Le deuxième mandat d’Evo Morales s’ouvre donc sur d’excellents auspices. Il dispose d’un appui populaire dont peu de chef d’Etat peuvent se vanter. Son parti contrôle totalement (ou presque, le nombre exact de parlementaires n’étant pas encore connu) le nouveau parlement. Il dispose d’appuis internationaux importants, principalement en Amérique Latine, mais pas uniquement. La Bolivie est riche de ressources naturelles qui se vendent bien, comme le gaz ou le lithium.

Néanmoins, il y a quatre ans, la situation paraissait également très favorable, et cependant la première gestion d’Evo Morales n’aura pas été facile. Or, l’opposition conservatrice reste puissante. Elle reste aux commandes de l’économie et des médias. Cependant, sa défaite électorale rend peu probable un jeu d’opposition frontale comme lors du premier mandat d’Evo Morales.

Les difficultés pour le gouvernement pourraient venir cette fois de l’intérieur. En effet, de nombreux « transfuges » ont intégré le camp des vainqueurs lors des dernières semaines, ce qui pourrait freiner le processus de changement et créer des tensions internes. De plus, plusieurs importants mouvements sociaux situés à la gauche du MAS, et qui ont été discrets au cours du premier mandat au nom de l’union sacrée contre la droite, pourraient également exiger des changements plus rapides et plus profonds.



Après-midi pour les enfants au centre culturel Yembatirenda

28 11 2009

La Yembatirenda n’est pas seulement une chouette radio. C’est également en centre culturel, destin en priorité aux jeunes. Pour la deuxième fois, on y a organisé une après-midi dédiée aux enfants. Susanne et Pablo ont présenté un beau spectacle de marionettes, puis jeunes et moins jeunes ont joué comme des foux le reste de l’après-midi.

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Au début, le public n'était pas nombreux, mais bien attentif.

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Susanne et Pablo s'affairent derrière le rideau

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Susanne et Camille participent aux jeux dans la joie et la bonne humeur.

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La joie du jeu



Simulacres au Honduras

20 11 2009

Paru dans Le Courrier le Vendredi 20 Novembre 2009, par BENITO PEREZ

Imaginez un instant que Barack Obama soit réveillé au petit matin par des militaires. Accusé de violer la Constitution avec sa réforme de la santé, le président est emmené en pyjama sur une base militaire d’une grande puissance étrangère, puis expédié vers le Costa Rica. Simultanément, les congressistes républicains et une minorité de démocrates sudistes «valident» le coup de force, en nommant un gouvernement de facto. A la surprise des conjurés, des dizaines de milliers de supporters de Barack Obama surgissent des banlieues sud de Chicago, de Harlem ou des travées de Berkeley et refusent le nouveau pouvoir. Manifestations et grèves se succèdent malgré la répression et les milliers d’arrestations. Une vingtaine de personnes sont tuées dans les rues de Washington et de San Francisco. The Nation et The New York Times sont fermés et l’état d’exception déclaré. Quant à Jeb Bush –l’homme des machines à voter de Floride en 2000– il est chargé d’organiser l’élection du successeur de M.Obama… L’histoire, bien sûr, est inimaginable. Elle est pourtant en train de s’écrire ainsi au Honduras, petit Etat centraméricain si loin de Dieu mais pas du diable. Le coup de grâce au président légitime Manuel Zelaya, renversé une première fois le 28 juin dernier, a été donné il y a une semaine dans l’indifférence internationale, lorsque les Etats-Unis ont annoncé qu’ils reconnaîtraient le scrutin du 29 novembre, même s’il était réalisé sous contrôle exclusif des putschistes. D’abord modérément critique avec le coup d’Etat, le gouvernement US aura mis cinq mois à «tomber le masque», selon l’expression du journaliste Maurice Lemoine. Finalement, la stratégie de reconquête de l’Amérique latine, version Obama, ne diffère guère de sa variante «bushienne». Maillon faible de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA), le Honduras aura servi de pays-test. A qui le prochain «putsch larvé»? S’il faut concéder quelque chose à la nouvelle administration US et à ses alliés honduriens, c’est une plus grande habileté manoeuvrière. A Tegucigalpa, le double discours permanent de Roberto Micheletti –alternant répression, simulacre de dialogue et intransigeance– a été parfaitement secondé par les atermoiements occidentaux. L’ultime trouvaille du pouvoir de facto –un gouvernement d’«union nationale» uniquement composé de putschistes– est à l’avenant. Tout comme le retour –également prévu par les accords de Tegucigalpa– du président Zelaya… au lendemain des élections! Comment expliquer l’entêtement du régime à se perpétuer jusqu’au tout dernier jour, si ce n’est par la fraude qui s’annonce? Privée de garanties démocratiques, sans temps ni espace pour mener campagne, l’opposition hondurienne ne pouvait qu’appeler à l’abstention. Et ce même si la pression –militaire et patronale– au vote ne sera pas aisée à contourner. A des milliers de kilomètres de là, une coalition d’organisations sociales suisses et de la diaspora latino-américaine tentera samedi[1] d’apporter un soutien moral et politique aux résistants honduriens. Dans la nuit démocratique qui tombe sur le Honduras, la moindre lueur de solidarité sera appréciée dans les barrios de Tegucigalpa. Note : [1]13h30, Berne, Hirschengraben (de la gare suivre la Bubenbergplatz).



Fête de fin d’année au jardin d’enfants

17 11 2009

Ce lundi 17 novembre, le jardin d’enfants de Creciendo a fait la fête pour clore l’année scolaire. Devant les parents, les enfants ont montré leurs talents de danseurs, de réciteurs, de marionettistes, etc. Noé et Lina sont donc en vacances jusqu’à fin janvier, alors que Susanne travaille encore deux semaines le matin, pour terminer l’année, ranger et commencer à préparer l’année prochaine.

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Noé participe au spectacle de marionettes...

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... et se spécialise en effets spéciaux!

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En l'absence d'une prof, Susanne s'est retrouvée au micro.

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Un public nombreux et attentif

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Une ronde de laquelle émerge une tête blonde

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Les danseurs ont une belle énergie

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Une cueca, danse traditionnelle de Tarija

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Des enfants heureux de montrer leurs talents de danseurs

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Noé et ses copains dansent la salsa, sous la direction de Camille



La campagne pour les élections passe par notre quartier

12 11 2009

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Une petite centaine de personnes se sont réunies dans la rue devant la maison de Roberta pour fêter l'ouverture de la "Maison de Campagne" du MAS de notre quartier

La campagne pour les élections générales du 6 décembre bat son plein en Bolivie, dans une ambiance calme et reltivament sereine, heureusement. Lundi soir, nos “comadres” (littéralement “commères”, en fait “grandes amies”) Roberta et Marcelina ont ouvert une maison de campagne pour le MAS - le parti du présient Morales - dans l’une des petites chambres de la maison de Robert, au coin de notre rue.

Les maisons de campagne sont des maisons - plus généralement une petite pièce donnant sur la rue - qui servent de quartier général local à un parti. Il s’agit de sorte de “caisse de résonance” pour le parti et les candidats.

A Tarija, sont surtout présents trois partis et leurs “binômes” de candidats à la présidencielle (présidence et vice-présidence). Evo Morales et Alvaro Garcia Linera por le MAS, qui sont à peu prêt sûrs de gagner au niveau national, avec environ 55% des ententions de vote. Cependant, ils semblent qu’ils vont peut-être également gagner à Tarija, ce qui serait une première. Viennent ensuite Manfred Reyes Villa et Leopoldo Fernadez de Convergence, qui devraient remporter environ 20% des voix. Finallement Samuel Doria Medina de Unité Nacionale, est crédité de quelques 15% des intentions de vote au niveau national.

La campagne semble être un véritable marathon pour les candidats. Le candidat-député du MAS pour “notre” circonscription était présent ce lundi soir, à l’immense bohneur de nos deux commères, qui étaient extrèmement fière de leur fête. Jorge Blacud nous a paru sympathique et compétent, ce que Thérèse, grande connaisseuse, nous a confirmé quelques jours plus tard.

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Les organisatrices ne sont pas peu fières...

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Le sympathique candidat-député est bien entouré

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L'ambiance est festive, même pour un lundi soir. Après les discours, on danse en pleine rue, tradition bolivienne oblige...



Nouvelle émission radio en direct!

12 11 2009

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Tant l'animateur que le technicien sont parfaitement concentrés...

Grande première jeudi passé, avec la première de “Casi Nada sobre Casi Todo” (Presque Rien sur Presque Tout), en direct! Il s’agit de ma troisième émission hebdomadaire, portant sur des sujets divers. Il s’agit surtout d’une émission de réflexion, qui est ouverte au public.

Je dois avouer que, pour un premier direct en tant que responsable d’une émission, j’étais un poil stressé… Hernan, le copain qui devait s’occuper de la technique est arrivé … 5 minutes avant le début de l’émission; Mateo, mon pote qui devait faire l’émission avec moi … n’est pas venu du tout! Heureusement, deux autres amis de la radio étaient là, et tout c’est plutôt bien passé. Même qu’après, Cornelio a insisté qu’il fallait absolument “ch’allar” l’émission, c’est-à-dire offrir des libations à la Pachamama en l’honneur de la nouvelle émission, pour qu’elle soit placée sous de bons auspices. Belles soirées donc, et rendez-vous est donc pris tous les jeudi soir à 8 heures pour une heure de réflexion en direct, en espérant que peu à peu les auditeurs participeront. Pour ce soir, j’ai soudoyer quelques copains pour lancer le mouvement … et inviter un vieil anarchiste sourd comme un pot, je sens qu’on va rigoler!

A noter que, normalement, vous pourrez bientôt écouter ces nouvelles émissions avec les autres, sur mon site (www.mink.ch/yembatirenda) généreusement offert et maintenu par Stan, encore merci à lui!

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Après, la fête, avec Cornelio, Marcelina et Hernan, mes amis de la radio Yembatirenda