Tarija

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Le centre-ville de Tarija

Tarija est une ville de la taille de Lausanne - environ 150000 habitants - qui a deux visages. Côté face: “Tarija la linda” (Tarija la belle) comme disent les Boliviens. La “Capital de la sonrisa” (capitale du sourire) est située dans une belle vallée du sud de la Bolivie, qui jouit d’un climat méditerranéen. On y produit d’ailleurs d’excellents vins! À mi-chemin entre les hauts plateaux des Andes et les plaines sèches du Chaco, Tarija vit un peu à l’écart du reste du pays, à son rythme de bonne vivante. C’est d’ailleurs à cause (ou grâce) à leur légendaire lenteur que les “Chapacos” (les habitants de Tarija) sont un peu considérés comme “les Vaudois” ou les “Bernois” du pays!

Mais côté pile, Tarija est une ville en proie à de nombreuses tensions. Située dans une région dont la population est en grande partie blanche (ou en tout cas se considère comme tel) depuis l’arrivée des Espagnols au XVIe siècle, la ville est en croissance très rapide depuis quelques décennies. Les paysans indiens de l’Altiplano, attirés par les lumières de la ville, s’y installent dans l’espoir d’une vie meilleure. Du gaz a été découvert dans l’est du département, dans les territoires des Indiens Guaranis. De l’argent afflue donc, mais qui est très mal réparti. De fortes tensions sociales, la corruption, la malnutrition, l’analphabétisme, l’alcoolisme et le chômage très élevé sont des réalités quotidiennes à Tarija.

Tarija est également le chef-lieu du département du même nom. Il y a neuf départements en Bolivie, et celui de Tarija est, avec celui de Cochabamba, le plus petit. Il a néanmoins la taille de la Suisse, alors que sa population totale n’est que d’environ 400′000 personnes. Plus de la moitié de cette population se concentre à Tarija et dans la vallée centrale, le reste du département étant donc extrêmement peu peuplé.

L’ouest du département est andin, s’élevant jusqu’à 5000 mètres d’altitude. Il présente des paysages typiques de l’altiplano : aridité, froid, population clairsemée, vent, superbes paysages. L’est est occupé par le Chaco – second écosystème d’Amérique du Sud en superficie après l’Amazonie – une vaste plaine encore relativement sauvage, couverte d’une végétation dense et sèche de cactus et d’épineux quasi impénétrable, qui s’étend en direction du Paraguay. C’est là que vivent les quelques 10000 autochtones du département, principalement de l’ethnie Guarani.Le centre du département, entre l’altiplano et le Chaco, est occupé par des vallées inter-andines au climat méditerranéen très agréable. Elles se situent entre 1500 et 2500 mètres d’altitude, et c’est là que ce trouve la majorité de la population et la ville de Tarija.

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Paysage de l’altiplano de Tarija

Politiquement, les autorités du département sont en opposition avec le gouvernement socialo-indigène du président Morales. Elles demandent entre autres une plus grande autonomie et plus de ressources fiscales. Néanmoins, une partie importante de la population, principalement dans les campagnes mais aussi dans la population urbaine modeste, soutient le président et est opposée aux autorités locales. Ces organisations sociales reprochent aux autorités locales de ne représenter que la petite et riche élite “blanche” locale. De nombreuses grèves et manifestations ont eu lieu ces derniers mois, dirigées principalment contre le gouvernement, mais d’autres ont été organisées afin de le soutenir.

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Manifestation pour l’autonomie sur la place centrale

Economiquement, le département de Tarija est peu développé. Il y a très peu d’industries. Le département reste principalement agricole, et vit également beaucoup des recettes de l’exploitation du gaz. En effet, le département de Tarija produit les deux tiers des hydrocarbures de la Bolivie, qui est le deuxième pays producteur de gaz d’Amérique, après le Vénézuela. Les puits se situent dans l’est du département, dans la région du Chaco, où vivent les indiens Guaranis. Grâce à l’expoitation de ces ressources (qui ne se fait pas toujours sans problème pour les populations riveraines), et grâce à l’importante renégociation des contrats des hydrocarbures du président Morales, les budgets des collectivités publiques de Tarija ont explosé ces dernières années. La préfecture et les municipalités (presque toutes opposées au gouvernement) sont donc devenues les principaux employeurs et des entités finacièrement très puissantes. Avec leur cortège de corruption, népotisme, pressions politiques, enrichissement personnel, etc.

Une réponse à “Tarija”

14 12 2008
Joseph NDWANIYE (00:12:41) :

Bonsoir Suzanne, Bonsoir Mathieu

Je viens de découvrir votre blog avec émotion car je me replonge dans mon séjour de quelques semaines à Tarija il ya à peu près 8 ans. J’étais à l’époque venu faire un stage d’infirmier à l’hôpital de Tarija et celui de San Lorenzo. J’ai découvert un peuple très accueillant en plus c’était au moment du carnaval!

j’avais particulièrement été intéressé par les soins de santé primaire: Au départ de San Lorenzo nous allions dans les villages parfois très retirés pour les vaccinations ou les consultations pré-natales.
Je n’ai pas encore eu l’occasion de revenir dans le coin, mais j’ai gardé cette partie du monde dans mon coeur.
Entre temps, tout en continuant à travailler en milieu hospitalier à Bruxelles, je me passionne pour la littérature j’ai publié mon premier roman”La promesse faite à ma soeur” (en 2007) dont vous pouvez découvrir les échos en allant sur mon blog. Je termine mon deuxième manuscrit et je prépare un roman dont l’histoire se déroule à Tarija (donc découle de mon passage là bas).
Je vais continuer de visiter votre blog.
Au plaisir de vous lire

Bien à vous

Joseph

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