Déjà près de deux mois: tour d’horizon   1 comment

Posted at 5:41 in Vie quotidienne

Site d'Inca Racay

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Si l’herbe n’est pas aussi verte ici qu’elle peut l’être en Suisse, le temps est par contre de même caractérisé par le fait de s’écouler bien rapidement. Déjà près de deux mois que j’ai foulé pour la 1e fois la terre bolivienne !

C’est plutôt en forme, ayant pu dormir un nombre d’heures raisonnable au cours du voyage, mais contente d’arriver et de quitter la position assise que j’ai mis pied à terre, prenant enfin contact réellement avec cette terre, imaginée pendant bien des mois. Il était temps de partir, tant que cessent les préparatifs et les au-revoir.

De l’avion, première vision de la ville qui va m’accueillir pendant trois ans. Moment d’émotion en découvrant une ville entourée de toutes parts de montagnes majestueuses, dont les flancs semblent couler vers Cochabamba et se fondre ensuite dans le tissu urbain. Je rêve déjà aux belles randonnées futures.

A l’aéroport, Asunta et América du projet MST-Mujeres Cbba, Elke et Maria-Isabel de la coordination des volontaires en Bolivie COVOSU, Joaquin de l’école Runawasi étaient là pour m’accueillir. En guise de cadeau de bienvenue, Asunta et America m’ont offert des fruits qui se sont avérés succulents. Après quelques mots échangés sur le voyage, je m’en suis allée avec Joaquin qui m’a conduite à ma famille d’accueil, la famille Pacheco.

L’école Runawasi, créée et gérée par un couple boliviano-suisse - Janine et Joaquin- offre en effet non seulement des cours de langue, mais propose aussi à ses étudiant-e-s de partager le quotidien d’une famille bolivienne vivant dans le quartier où se trouve l’école.

La famille Pacheco: les parents Petra et Lino; leur fils Eric; leur petit-fils Kevin; leur fille Roxana et son fils Elian; leur femme de ménage Julia. C’est avec eux que je vis depuis 7 semaines, partageant le logement de Roxana et son fils Elian. La famille est bien plus grande; j’ai nommé ici les personnes qui logent au n° 4018 de l’Avenue Guido Brault (pour plus de détails: un article sera publié prochainement sur la famille Pacheco).

J’ai été rapidement mise dans le bain, puisque le lendemain de mon arrivée, sur proposition de Joaquin je commençais déjà les cours d’espagnol. Cette proposition s’est avérée être bonne: prenant rapidement un rythme, je n’ai pas souffert du décalage horaire.

Les cours de langue a l’école Runawasi ont été bénéfiques. Après cinq semaines de cours quotidiens (4 heures par jour, le matin), j’ai bien pu développer les faibles bases que j’avais à mon arrivée. Je peux maintenant assez bien comprendre (un avantage étant que les bolivien-ne-s parlent à une vitesse raisonnable et avec un accent facile à comprendre; de plus, ils-elles font généralement un effort vis-à-vis des personnes étrangères) et exprimer la majorité de ce que je souhaite dire, bien qu’avec un vocabulaire encore simple et des temps de réflexion parfois prolongés (vocabulaire, temps des verbes, etc.).

Depuis la semaine dernière, j’ai débuté mon intégration dans le travail avec le projet MST-Mujeres. Un projet passionnant, sur lequel je ne manquerai pas de vous informer plus amplement prochainement. Pour l’instant et probablement jusqu’à la fin de l’année, il s’agit pour moi de prendre connaissance, de m’informer du projet. Ainsi je vais quotidiennement au bureau pour lire des documents, visionner des documentaires, discuter avec la responsable du projet Asunta Salvatierra et avec America, étudiante en fin de cursus qui depuis une année apporte aussi un appui précieux au développement du projet. A côté de cela, je participe à des conférences-débats sur des thèmes d’actualité et/ou liés au projet, ce qui me permet de petit à petit me faire une idée des problématiques et enjeux qui occupent les bolivien-ne-s et particulièrement les paysan-ne-s sans terre.

Le dimanche 9 novembre, j’ai également accompagné Asunta et America pour un atelier qui se déroulait dans un petit village de montagne, Tres Cruces, à environ 3 heures de route de Cbba. Il s’agissait d’aborder les thèmes du leadership et de la conception de projets avec des femmes paysannes dites “leaders”. Une entrée en matière intéressante et marquante. La réalité des paysan-ne-s qui vivent en campagne, dans des zones reculées, est bien différente de la réalité des personnes qui vivent en ville. Je me réjouis beaucoup de travailler avec ces personnes; je me suis aussi rendue compte à Tres Cruces que travailler avec des personnes qui ont reçu peu d’éducation et qui vivent dans des conditions rudimentaires sera un travail complexe, qui demande des méthodes et outils de travail adaptés à leur réalité.

Cette transition dans le monde du projet du MST-Mujeres se fait pas à pas. J’ai la chance en parallèle de pouvoir continuer à suivre une fois par semaine des cours d’espagnol à l’école Runawasi. Ainsi, je continue à perfectionner la langue tout en commençant à travailler. Une combinaison fort agréable et profitable. Cependant, une fois l’espagnol un peu plus fluide, il ne s’agira pas de me reposer sur mes lauriers: l’apprentissage du Quechua m’attend! Lors de l’atelier à Tres Cruces, j’ai réalisé encore plus l’importance de connaître cette langue indigène: la majorité des femmes paysannes ne parle que très peu, voire pas du tout espagnol. Connaître un minimum leur langue permettra certainement un contact plus proche.

A suivre…

Written by madef on novembre 20th, 2008

One Response to 'Déjà près de deux mois: tour d’horizon'

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  1. Salut Mathilde,
    Suis très heureuse de pouvoir te lire par le biasi du blog. Je rentre à l’instant du Cap Vert et je comprend de suite ce que signifie travailler et communiquer avec les habitants des zones rurales. Là-bas le protugauais est la langue officielle, mais tout le monde parle créole….avec un avantage, c’est que ç aressemble parfois étrangement au patois de chez nous…que je ne maîtrise pas du tout, mais s’apparente au français et à l’espagnol. A part ça mon espagnol ne m’a pas beaucoup aidée à parler portugais !

    Bonne et très heureuse Année 2009 et bon vent pour ton engagement à Cachabamba. Au plaisir de te lire de temps en temps.

    Madeleine Bovigny

    5 jan 09 at 0:05

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