Un nouveau chapitre no comments
Difficile d’imaginer qu’il y a à peine plus d’un mois je foulais les rues de Fribourg, gambadais par les préalpes habillées d’un vert encore printanier et savourais votre compagnie, ami-e-s et famille en Suisse.
Le voyage de retour à mon pays d’adoption s’est déroulé sans anicroches: horaires respectés à la virgule, valises au point d’arrivée, douaniers boliviens peu alléchés par les odeurs de fromage et de chocolat.
A Cochabamba, le sommet du Tunari était au rendez-vous pour m’accueillir, inondé de soleil et vibrant au rythme de mariachis (musiciens aux grands sombreros, généralement invités à jouer lors de fêtes). Ce petit comité d’accueil aura remplacé les absent-e-s: entre les personnes en retard et celles empêchées, aucun visage connu à l’aéroport. Petite déception suivie d’un sourire amusé: me voici de retour.
Avec ces premiers pas, c’est une sensation d’expérience familière qui m’inonde: j’ai déjà vécu ici, il n’y a aucun doute.
Ce sentiment se mêlera toutefois rapidement à d’autres, le jour suivant: la différence avec la Suisse me frappe, plus qu’à ma première arrivée. Saoulée par le bruit et le grouillement dans les rues, je titube presque et ressens l’envie de m’échapper dans une verte forêt ou un vallon aux douces courbes. Ma reprise de contact avec la ville de Cochabamba s’est ainsi fait par petites touches. Entre-temps: réconfort dans mon chez moi où Delphine et Martin, les ami-e-s qui ont habité chez moi en mon absence, ont aménagé un petit coin jardin fort sympathique.
Le travail reprend le mercredi. J’écoute impressionnée le récit des nombreuses activités qui ont été réalisées pendant mon deuxième mois d’absence. Asunta aura eu bien peu de répit: on l’attendait avec impatience. Un joli agenda m’attend également: rencontre annuelle des volontaires, visite de la représentante d’Emaus du pays basque qui joue le rôle d’intermédiaire pour les financeurs du nouveau projet du MST-Cochabamba, week-end de formation avec hommes et femmes du MST.
Cette 1e phase intense en activités est suivie d’une phase de rangement et de travail administratif: nous profitons avec Helga, notre nouvelle collaboratrice, des vacances d’Asunta pour organiser le bureau et pour rédiger rapports et nouvelles demandes d’appuis financiers.
Helga a rejoint le MST-Mujeres peu avant notre départ pour la Suisse, à la fin du mois de février. Soutien fort bienvenu après plus d’une année de gestion de projet à deux, avec Asunta, suite au départ d’América, qui aura été difficile à remplacer. Ce changement positif au sein de l’équipe exige toutefois des adaptations au niveau organisationnel: les rôles et les tâches sont à redéfinir, processus qui est en cours.
Asunta rentrée de vacances, il est temps de nous organiser et aussi de réfléchir aux éléments que je peux apporter cette année encore et dans la perspective de la fin de mon mandat à la fin du mois de septembre 2011: le temps passe très vite.
Côté santé, Asunta traverse une phase difficile: les signes qui s’étaient déjà manifestés en Suisse se sont accentués ici. Les vacances, qui n’avaient pas été prises depuis le début du projet en 2004, se sont imposées. Des traitements sont en cours. Pas facile: Asunta ne bénéficie d’aucune couverture en matière de santé. Tous les frais lui incombent. Dans un premier temps, je l’ai soutenue en cherchant une solidarité parmi les (ex-)volontaires.
Asunta a profité de ce temps de repos pour aller rendre visite à sa famille, qui vit dans une province éloignée de Cochabamba, dans les montagnes. On y arrive après environ 8 heures de route accidentée. Cela faisait environ 2 ans que ni elle ni ses enfants n’avaient revu sa maman et grand-maman.
Le 1er août a été l’occasion d’entamer la fameuse demi-meule de fromage à raclette valaisan que j’avais ramenée de mon voyage. Une vingtaine de personnes, majoritairement suisses, était réunie dans mon jardin. Raphaël, premier nouveau-né de Jérémy et Sandrine, volontaires valaisans, était de la partie. Pas encore suisse (né le 13 juillet, il est pour l’instant inscrit au registre civil bolivien), il a toutefois fait honneur à ses origines en se parant des vêtements rouges et blancs confectionnés par ses tantes, pendant que son papa, belge d’origine, exécutait à merveille son rôle de racleur valaisan (il m’a toutefois enseigné cet art et j’ai pu apporter une petite contribution à cette tâche qui fait bien transpirer).
Vendredi 6 août, c’est au tour de la Bolivie de fêter son anniversaire. Je profiterai de ce jour férié qui prolonge le week-end pour aller faire une petite randonnée de 2-3 jours du côté de La Paz: le chemin Inca de Takesi, qui relie La Paz aux vallées tropicales les Yungas.
- Raphaël, héro du 1er août
- Son papa
- Son grand-papa
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